juin 13, 2012

Cette loi qui oblige littéralement les journalistes à parler de vous…



Il existe une loi, en journalisme, pour sélectionner les informations à traiter. C’est une loi dont les journalistes parlent peu, et à raison : il n’y a pas de quoi en être fier.

Mais je vous avais annoncé que je révèlerai les coulisses des médias, et ce que je m’apprête à dire ne va pas plaire à mes anciens collègues. Tans pis, je prends le risque.

Y’a-t-il des accidents de voiture en Californie ?

Cette loi s’appelle « la loi du mort-kilomètre ».

Elle stipule, en quelques sortes, que pour intéresser le lectorat, il faut mieux parler d’un seul mort à 1 km de chez soi, plutôt que du même mort à 100 km.

D’ailleurs je vous le demande, entendez-vous souvent parler des décès dans des accidents de voiture en Californie ?
Non. La seule fois où on nous parle de morts aux Etats-Unis, c’est lors d’attentats ou de tueries sur les campus universitaires.

Parce que, inconsciemment, les journalistes appliquent la loi du mort-kilomètre.

Petite comparaison : la tuerie d’Oslo, l’été dernier, a fait 69 morts. Oslo, c’est l’Europe, mais ce n’est pas la porte à côté. La tueur au scooter, à Toulouse, a assassiné 7 personnes. Il a provoqué plusieurs heures de direct de toutes les chaînes d’information française.

C’est l’application concrète de la loi du mort-kilomètre. Ce qui se passe chez nous intéresse davantage l’audience que ce qui se passe au loin.

Détourner cette loi pour attirer les médias :

Il n’y a pas de mort dans votre entreprise, en tout cas je ne le souhaite pas, mais vous pouvez détourner cette loi pour faire parler de vous.

Ce que vous devez comprendre, c’est que les journalistes s’intéressent à ce qui se passe chez eux. Car c’est-ce que veulent savoir leurs lecteurs.

Pour intriguer les journalistes et les donner envie de s’intéresser à vous, vous devez leur montrer, dans votre dossier de presse, que votre entreprise, vos actions, ont un impact direct sur la population locale.

Vous devez démontrer :
- votre proximité avec leur audience (géographique, ou « psychologique »)
- l’impact que vous allez avoir sur cette audience.

Parce que c’est le seul moyen d’être sûr d’attirer la presse : leur prouver que ce que vous faites, a de l’importance aux yeux de leurs lecteurs. Que votre action stimule leur intérêt. Que vous allez changer la vie des gens qui vont vous rencontrer, ou utiliser vos services.

Si vous arrivez à démontrer ça dans votre action de communication, alors c’est gagné : les médias parleront de vous !

4 Comments

  • Cette loi du kilomètre est cependant mise à mal avec la multiplications
    des canaux d’information ( chaine d’info, radio d’info, twitter….)

    • Salut Olivier,

      Disons que pour le lecteur, il trouvera toujours l’information qu’il cherche grâce à la multiplication des canaux. En revanche, les choix éditoriaux, en particulier des rédactions régionales (Ouest France, les antennes de France Bleu, etc), sont dictés par cette proximité avec leur audience.

      Encore une fois, tout dépend de la stratégie d’entreprise que tu mets en place et du public que tu souhaites toucher. Tout part de là.

      A bientôt :)

  • Bonjour

    Retenez que la presse croule sous les communiqués qu’on lui adresse.
    Si votre info est banale, vous pouvez attendre…

    Amicalement

  • Bonjour, je suis moi même journaliste et je connais cette loi du mort kilomètre, apprise à l’école. Mais vous la présentez sous le mauvais angle.

    Cette loi n’est pas appliquée par les journalistes, mais par les lecteurs. Aujourd’hui si on veut être informé, ça se fait rapidement en un clic. Les journaux et les reportages qui marchent le mieux sont ceux qui parlent des choses qui se passent près de chez nous (niveau national). La majorité des gens s’identifient à ceux qui leur ressemblent et sont donc plus touchés par un mort au coin de la rue que par 100 morts à l’autre bout du monde. C’est un constat terrible mais humain…et ce n’est pas de la faute des journalistes si les lecteurs/spectateurs se détournent des reportages qui parlent de l’autre bout du monde (qui existent en grand nombre ! )

    Je dis ça car vous le présentez comme une loi que les journalistes appliquent volontairement, alors qu’il s’agit d’un constat. Si 1+1=2 ce n’est pas de la faute des mathématiciens. Si les gens meurent du cancer ce n’est pas de la faute des médecins.

    Maintenant oui, tous les journalistes ne ont pas parfaits loin de là ;-)

    Tchuss

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Journaliste pour plusieurs chaînes de télévision, j'ai décidé de passer de l'autre côté de la barrière.
Désormais, j'aide les entrepreneurs à médiatiser leur activité et attirer l'attention des journalistes sur leurs projets.

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